Le nouveau gouvernement du Nouveau-Brunswick a déposé aujourd’hui son premier budget, lequel ne comporte aucune augmentation de la TVH et de l’impôt des sociétés, et aucun péage routier. On y prévoit toutefois une augmentation des taxes sur les carburants (de 1,9 cent sur le litre d’essence et de 2,3 cents sur le litre de diesel). De manière générale, il s’agit d’un budget dont les détaillants ont tout lieu de se réjouir, étant donné les importants défis auxquels le gouvernement fait face sur le plan fiscal. Néanmoins, de nombreux éléments du budget de cette année suggèrent fortement que le budget de l’an prochain comportera des hausses d’impôts et peut-être même l’instauration de péages routiers.

Le déficit pour 2014-2015 est de 255,4 millions de dollars, ce qui constitue une anomalie, la province ayant reçu un paiement de transfert fédéral inattendu de 170 millions de dollars. Pour 2015-2016, le déficit devrait être de 476,8 millions, notamment en raison de la création d’une réserve pour éventualités de 150 millions destinée à protéger la province contre les imprévus.

Les dépenses devraient croître de 1,5 % par rapport aux prévisions révisées de 2014-2015.

Fait intéressant pour les membres du Conseil canadien du commerce de détail (CCCD), le budget ne fait aucune mention du Régime médicaments du Nouveau-Brunswick. Il semblerait que, sur ce sujet, le statu quo soit maintenu, le gouvernement ayant décidé de financer à l’intention des Néo-Brunswickois non assurés un régime médicaments plus modeste que celui proposé par le précédent gouvernement.

Autres éléments importants du budget :

Le gouvernement élèvera le taux de son crédit d’impôt pour les investisseurs dans les petites entreprises de 30 % à 50 %. Cette amélioration augmentera le crédit d’impôt maximal de 75 000 $ par année à 125 000 $ par année pour les particuliers qui investissent dans les petites entreprises admissibles de la province. Ce crédit devrait représenter un allègement fiscal annuel de 5 millions de dollars.

Le crédit d’impôt pour dividendes du Nouveau-Brunswick sera réduit de 5,3 % à 4,0 % (avec effet rétroactif au 1er janvier 2015) afin de correspondre au nouvel impôt sur le revenu des petites entreprises.

Des allègements fiscaux sont par ailleurs prévus pour permettre aux personnes âgées ou à leur famille de rénover leur maison. Ce programme sera instauré à compter de l’année d’imposition 2015 (les détails restent à confirmer).

L’augmentation des taxes sur les carburants (de 1,9 cent sur le litre d’essence et de 2,3 cents sur le litre de diesel) entrera en vigueur le 31 mars 2015 à minuit. Le gouvernement estime que ces hausses lui permettront de recueillir 28,2 millions de dollars annuellement. Le total des taxes fédérales et provinciales sur les carburants passera ainsi à 25,5 cents par litre. Le taux de taxation sur les carburants au Nouveau-Brunswick sera désormais le même qu’en Nouvelle-Écosse, mais demeurera inférieur que les taux combinés au Québec et à Terre-Neuve-et-Labrador.

Le gouvernement instaurera deux nouvelles tranches d’imposition à l’intention des Néo-Brunswickois les mieux nantis. Ceux dont le revenu imposable sera compris entre 150 000 $ et 250 000 $ verront leur taux d’imposition passer de 17,84 % à 21 %. Et ceux dont le revenu sera supérieur à 250 000 $ verront leur taux passer de 17,84 % à 25,75 %.

Des annonces diamétralement opposées ont été effectuées au sujet de programmes d’éducation visant à améliorer le niveau d’alphabétisation, mais prévoyant aussi la réduction de postes d’enseignement. Une autre annonce a été faite à propos du financement additionnel d’initiatives visant le développement économique du nord du Nouveau-Brunswick et de la région de Miramichi.

Le budget a fait mention d’annonces effectuées antérieurement au sujet de l’élimination par le gouvernement du ministère des Communautés saines et inclusives, d’Efficacité Nouveau-Brunswick et de l’Institut de l’énergie. Il a également été question du nouveau Fonds d’emploi pour les jeunes de la province, qui permettra d’aider chaque année jusqu’à 1 500 jeunes Néo-Brunswickois à acquérir de l’expérience de travail et à trouver de la formation.

Le budget a évoqué à de nombreuses reprises la révision stratégique des programmes que réalise le gouvernement. Ce dernier poursuit d’ailleurs ses rencontres avec les parties intéressées afin de discuter des secteurs où le gouvernement pourrait réaliser des économies et/ou augmenter ses recettes. Cette révision sera terminée dans le courant de l’année et mènera vraisemblablement à de difficiles décisions au sujet de hausses d’impôts dans le budget de l’an prochain.

Le CCCD rencontrera le ministre des Finances du Nouveau-Brunswick le 2 avril 2015 pour discuter du budget et demander que le gouvernement poursuive ses coupes dans l’appareil gouvernemental avant d’envisager des hausses d’impôts.

Si vous avez des questions ou des préoccupations, n’hésitez pas à communiquer avec Jim Cormier, Directeur (Canada atlantique) : [email protected] ou 902 422-4144.