Alors que les ministres des Finances fédéral et provinciaux seront réunis en sommet, nous comprenons que les questions entourant les régimes de retraite seront de nouveau une priorité à l’ordre du jour.

Le Conseil canadien du commerce de détail, en tant qu’organisation, est un proche contemporain du Régime de pensions du Canada, créé en 1965. Notre organisation a pris part aux débats ayant précédé sa mise en place et nos membres, en tant qu’employeurs, ont contribué de façon considérable au Régime au cours des cinq dernières décennies. Aujourd’hui, avec 1,9 million de Canadiens travaillant dans le secteur du commerce de détail, notre industrie est le plus important employeur au Canada. En ce sens, nous croyons juste d’émettre notre position, afin de pouvoir contribuer aux délibérations des ministres sur cette question primordiale.

Tout d’abord, il est important de noter que le secteur du commerce de détail a des perspectives à la fois à long terme et à court terme sur la question des régimes de retraite. À long terme, la capacité des Canadiens à maintenir un revenu suffisant pour acheter les biens et services dont ils ont besoin est une préoccupation évidente pour les détaillants. Nous sommes également conscients que les revenus tirés des régimes de retraite sont d’une importance capitale pour la santé économique générale, pour les revenus du gouvernement et pour les coûts des programmes sociaux fondés sur le revenu, notamment en ce qui concerne les programmes de Sécurité de la vieillesse (SV) et du Supplément de revenu garanti (SRG) au fédéral, et les programmes d’assurance médicament à l’échelle provinciale. Cette perspective à long terme signifie que les détaillants veulent voir les problématiques entourant les régimes de retraites débattues en profondeur, ce qui mènera, nous l’espérons, à des solutions adaptées aux défis liés au vieillissement de la population.

Parallèlement, le secteur du commerce de détail investit actuellement de façon importante afin de promouvoir la croissance et l’emploi. En tant que premier employeur au Canada, nous croyons que les décisions d’investissement de notre secteur sont d’une importance vitale à la santé économique du Canada. Toute proposition de régime de retraite qui impliquerait une augmentation substantielle des coûts liés aux salaires aura inévitablement un impact négatif sur la hausse de l’emploi et de la productivité. Nos décisions d’investissement à court terme ont déjà été prises et ne peuvent supporter une augmentation des coûts liés aux salaires. Même à long terme, les gouvernements devront concilier leurs appels à l’investissement, à la productivité et à la croissance de l’emploi avec la réalité de la diminution d’une partie des fonds qui pourraient autrement être alloués à ces investissements.

Outre les contributions des employeurs, la hausse des contributions des employés a aussi des conséquences bien réelles. L’augmentation des déductions à la source pour l’épargne-retraite réduira les revenus disponibles et cet argent ne pourra servir aux dépenses liées à la consommation. En prenant en compte la précarité de l’économie, nous demandons aux ministres des Finances, qui sont garants de la santé de notre économie, de considérer avec précaution les sommes pouvant être retranchées à la consommation des ménages canadiens, sans nuire à la reprise économique.

En outre, tant en ce qui concerne la contribution des employeurs que celle des employés, une hausse des cotisations prélevées sur le salaire, celles-ci étant déductibles, privera les gouvernements fédéral et provinciaux de certains revenus. Nous notons que le gouvernement, et particulièrement les gouvernements provinciaux, a déjà énoncé le fait qu’ils n’ont pas les ressources financières nécessaires pour respecter l’ensemble de leurs engagements politiques.

Les gouvernements provinciaux nous demandent, en tant qu’employeurs, de contribuer à une hausse des dépenses pour la gestion de l'environnement, de se pencher sur les énormes déficits d’infrastructures et, maintenant, de contribuer à résoudre les problèmes liés aux revenus de pension. Bien que ces objectifs soient tous très louables, nous ne voyons guère comment ces requêtes sont conciliables. Nous rappelons aux ministres que tandis que nous payons des taxes, des frais, des contributions, des primes et autres cotisations, nous n’avons qu’une seule source de revenus, soit les achats aux points de vente, et l’ensemble de ces politiques concurrentes cible cette unique source de revenus.

Le CCCD encourage un débat en profondeur sur la nécessité d’aborder la question de l’adéquation des revenus de pension. Cependant, si le débat oscille entre «faire vite» et «bien faire» les choses, le CCCD et ses membres considèrent qu’il est nécessaire de prendre le temps de faire correctement les choses, en gardant à l’esprit l’ensemble des priorités et des demandes existantes.

Cordialement,

Diane Brisebois

Diane J. Brisebois
Présidente et directrice générale